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{"id":5137,"date":"2022-10-17T09:37:21","date_gmt":"2022-10-17T07:37:21","guid":{"rendered":"https:\/\/sites.ac-nancy-metz.fr\/webjournal-poncelet-saint-avold\/?p=5137"},"modified":"2024-01-19T10:58:59","modified_gmt":"2024-01-19T09:58:59","slug":"amour-sacrificiel","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/sites.ac-nancy-metz.fr\/webjournal-poncelet-saint-avold\/2022\/10\/17\/amour-sacrificiel\/","title":{"rendered":"AMOUR SACRIFICIEL"},"content":{"rendered":"\n<p><strong><em>Chapitre 1<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Cet homme \u00e0 Paris \u00e9tait beau. Il avait les cheveux blonds, toujours soign\u00e9s. Il avait un si beau visage et une voix si ang\u00e9lique que, quand il chantait, le temps gris revenait \u00e0 sa douceur printani\u00e8re. Son style vestimentaire \u00e9tait incomparable. Un style victorien, toujours d&rsquo;un blanc uni immacul\u00e9, jamais tach\u00e9, toujours nettoy\u00e9 \u00e0 la perfection. Il adorait la bonne musique des ann\u00e9es trente, quarante et quelquefois, des ann\u00e9es vingt comme celle de Georges Olsen, l&rsquo;un de ses compositeurs pr\u00e9f\u00e9r\u00e9s de ces \u00e9poques ou encore Al Bowlly. Cet homme n&rsquo;avait en rien l&rsquo;air d&rsquo;une mauvaise \u00e2me. Le matin, \u00e0 huit heures, il allait quotidiennement \u00e0 ce restaurant, pour boire son petit caf\u00e9 latte toujours accompagn\u00e9 de sa petite part de g\u00e2teau aux pommes. En m\u00eame temps, il adorait faire son jeu de mots crois\u00e9s au dos du journal.<\/p>\n\n\n\n<p>Il aimait aussi cette femme, de l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 du comptoir \u00e0 l&rsquo;accueil. Celle qui prenait les appels et les r\u00e9servations des tables. Elle \u00e9tait belle, avec ses cheveux noirs, bien liss\u00e9s. Habill\u00e9e d&rsquo;une magnifique robe noire. Un visage fin, sans\u00a0 trop de maquillage. Et ses yeux en amande de couleur noisette. Une belle voix. En clair, elle lui ressemblait assez en termes de points communs. Oui ! Il l&rsquo;aimait !<\/p>\n\n\n\n<p>Ce matin-l\u00e0, c&rsquo;\u00e9tait un samedi. Le 07 mai 1966. L&rsquo;homme se leva de sa table pour r\u00e9gler une fois de plus la note. Et l\u00e0, il prit son courage \u00e0 deux mains et lui proposa d&rsquo;aller boire un verre un de ces soirs pour pouvoir faire connaissance. La femme accepta directement avec un petit sourire vrai et proposa discr\u00e8tement une date. Quelques minutes plus tard, l&rsquo;addition fut r\u00e9gl\u00e9e et une date de rendez-vous fut arrang\u00e9e pour le lundi 09 mai au soir, \u00e0 dix-huit heures trente apr\u00e8s le service. Ce rendez-vous devait avoir lieu dans ce nouveau restaurant rapide, le Wimpy, jeune de presque 5 ans, premi\u00e8re ouverture officielle, le 31 mai 1961. Il est clair que ce serait une d\u00e9couverte pour les deux. Ils n&rsquo;y ont encore jamais \u00e9t\u00e9. C&rsquo;\u00e9tait alors une premi\u00e8re de se donner rendez-vous dans ce genre de restaurant.<\/p>\n\n\n\n<p>Le temps passa assez rapidement, sans compter la h\u00e2te et l&rsquo;excitation des deux \u00e2mes. L&rsquo;heure \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 au rendez-vous. L&rsquo;homme alla chercher la femme \u00e0 la fin de son service, au restaurant. A bord de sa nouvelle Renault 16 qu&rsquo;il acquis deux semaines avant pour remplacer la vieille Peugeot qui appartenait \u00e0 son p\u00e8re avant de d\u00e9c\u00e9der.<\/p>\n\n\n\n<p>En vingt minutes, ils arriv\u00e8rent au restaurant rapide Wimpy dans la rue Lepic dans le dix-huiti\u00e8me arrondissement. Ils se gar\u00e8rent de c\u00f4t\u00e9 et de suite, l&rsquo;homme sortit le premier. Pour faire preuve de galanterie et de politesse, il ouvrit la porti\u00e8re \u00e0 la femme et l&rsquo;aida \u00e0 sortir. Ce fut un geste tout \u00e0 fait normal pour cette \u00e9poque.<\/p>\n\n\n\n<p>Ils entr\u00e8rent alors dans le fast-food. Le restaurant n&rsquo;\u00e9tait pas aussi rempli qu&rsquo;ils l&rsquo;auraient pens\u00e9. Mais justement, cela les arrangeait bien. Ils avaient faim. Il \u00e9tait difficile de le cacher \u00e0 cause de l&rsquo;indiscr\u00e9tion de leurs estomacs qui criaient famine \u00e0 tour de r\u00f4le. On aurait dit que leurs ventres se disputaient. Ils pass\u00e8rent alors commande au comptoir. Ils command\u00e8rent tous deux le premier hamburger qui leur semblait int\u00e9ressant. Accompagn\u00e9 de frites et d&rsquo;une boisson. L&rsquo;homme prit un hamburger aux \u0153ufs avec un Coca-Cola et la femme prit un cheeseburger avec aussi un Coca-Cola. Rien d&rsquo;\u00e9tonnant \u00e0 ce qu&rsquo;ils prennent un Coca-Cola tous les deux \u00e0 cette \u00e9poque. Il \u00e9tait facile de se laisser tenter par ce go\u00fbt sp\u00e9cial et p\u00e9tillant, appr\u00e9ci\u00e9 par le monde entier&#8230; ou presque.<\/p>\n\n\n\n<p>Ils choisirent une table. Ils se rendirent alors compte que toutes les tables \u00e9taient soigneusement plac\u00e9es et nettoy\u00e9es. Les deux jeunes adultes prirent une table assez pr\u00e8s de la vitre pour avoir une vue sur la rue. Cela rajoutait peut-\u00eatre un peu de charme au rendez-vous.<\/p>\n\n\n\n<p>Ils parlaient de tout et de rien. La conversation \u00e9tait fluide et passait bien. L&rsquo;homme parlait de son travail et de ses coll\u00e8gues. La femme disait qu&rsquo;on pourrait presque en faire un film de com\u00e9die tant elle trouvait les m\u00e9saventures de l&rsquo;homme et de ses camarades de travail dr\u00f4les et ridicules parfois.<\/p>\n\n\n\n<p>Par exemple, l&rsquo;homme lui raconta que la jeune fille de l&rsquo;un de ses coll\u00e8gues, Antoine, avait t\u00e9l\u00e9phon\u00e9 au <strong>patron<\/strong> par erreur, pour demander si elle pouvait aller jouer dehors. Elle lui dit que sa maman \u00e9tait malade et qu&rsquo;elle ne voulait pas la d\u00e9ranger. Croyant toujours qu&rsquo;elle parlait \u00e0 son p\u00e8re, elle continua et dit &lt;&lt; J&rsquo;ai mang\u00e9 une glace pour le dessert, mais Maman le sait pas, tu diras pas hein ? >>. Le <strong>directeur<\/strong> fut amus\u00e9 par cet appel inattendu. Il appela alors Antoine pour lui donner le t\u00e9l\u00e9phone et lui dit au passage que sa fille aimait d\u00e9cid\u00e9ment les glaces pour le dessert. Antoine, ne sachant pas pourquoi le boss lui disait \u00e7a, prit imm\u00e9diatement le t\u00e9l\u00e9phone et demanda qui se trouvait de l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 du fil, d&rsquo;un air stress\u00e9. Il fut calm\u00e9 et apais\u00e9 par la petite voix de sa jeune fille \u00e2g\u00e9e de sept ans. Il lui dit &lt;&lt; Ma ch\u00e9rie, je suis au travail, pourquoi as-tu appel\u00e9 mon <strong>patron<\/strong> ? >>, sa fille r\u00e9pondit &lt;&lt; Papa ! Pardon&#8230; je croyais que je t&rsquo;avais appel\u00e9 toi car il y avait \u00e9crit &lt;&lt; Antoine Travail >> dans le carnet au-dessus du num\u00e9ro. Je peux aller jouer dehors ? >>. Antoine soupira et r\u00e9pondit &lt;&lt; Oui, tu peux aller jouer dehors, mais pas de b\u00eatises ! Autrement, maman va bien ? >>, elle chuchota &lt;&lt; Non&#8230; elle a bobo \u00e0 la t\u00eate, elle est all\u00e9e se reposer >>. Il se mit \u00e9trangement \u00e0 chuchoter \u00e9galement &lt;&lt; Oh ! D&rsquo;accord, qu&rsquo;elle se repose alors. J&rsquo;irai chercher des m\u00e9dicaments en rentrant. Je dois aller travailler, \u00e0 ce soir. >>, elle dit &lt;&lt; A ce soir papa ! >>. Il raccrocha&#8230; et avait totalement oubli\u00e9 l&rsquo;histoire de la glace. Il se retourna vers son <strong>patron<\/strong> et dit &lt;&lt; Excusez-moi de cet incident M. MONNIER >>.<\/p>\n\n\n\n<p>&lt;&lt; Cela ne pouvait donc qu&rsquo;arranger sa fille. &gt;&gt; rajouta l&rsquo;homme \u00e0 la fin de sa petite histoire.<\/p>\n\n\n\n<p>La femme fut tr\u00e8s amus\u00e9e par cette histoire. La soir\u00e9e passa assez rapidement. Il \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 dix-neuf heures trente et ils avaient fini leurs menus depuis vingt minutes.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;homme se leva pour aller payer, mais la femme refusa et voulut payer l&rsquo;addition elle-m\u00eame. Je vous \u00e9pargne les d\u00e9tails, mais ils eurent un d\u00e9bat de cinq minutes avant de d\u00e9cider de payer tous les deux pour le menu de l&rsquo;autre. Cette pol\u00e9mique aurait tr\u00e8s bien pu continuer s&rsquo;ils n&rsquo;avaient pas eu cette id\u00e9e brillante en m\u00eame temps. Une fois l&rsquo;addition r\u00e9gl\u00e9e, les deux tourtereaux sortirent du Wimpy et reprirent la route afin que la femme puisse rentrer \u00e0 son appartement. Ils continu\u00e8rent \u00e0 discuter et rigoler sans interruption tout au long du chemin. <\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Chapitre 2<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>En 10 minutes, ils arriv\u00e8rent dans le 17e arrondissement sur l&rsquo;avenue de Wagram. L&rsquo;homme sortit de la voiture pour ouvrir une nouvelle fois la porti\u00e8re \u00e0 sa partenaire. La femme proposa \u00e0 l&rsquo;homme de rentrer \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur pour finir de discuter et boire un petit quelque chose de chaud. Pour se r\u00e9chauffer de cet \u00e9t\u00e9 bien froid. Ce dernier ne refusa pas et puis, il avait encore une petite histoire \u00e0 raconter. Ils mont\u00e8rent alors les marches ext\u00e9rieures, entr\u00e8rent, travers\u00e8rent le hall d&rsquo;entr\u00e9e qui \u00e9tait assez spacieux. Le papier peint \u00e9tait beau, d&rsquo;un brun qui virait vers le rouge, il \u00e9tait \u00e0 motif baroque. Les escaliers \u00e9taient soigneusement faits en bois de noyer. L&rsquo;\u00e9clairage \u00e9tait bon, en clair, il avait \u00e9t\u00e9 r\u00e9nov\u00e9 r\u00e9cemment. Ils finirent par arriver en haut des escaliers au troisi\u00e8me \u00e9tage, l\u00e0 o\u00f9 la femme habitait. Durant tout le chemin, de la voiture au logement, ils demeur\u00e8rent dans un petit silence pour \u00e0 la fois, ne pas r\u00e9veiller les personnes endormies et pour garder une ambiance intime.<\/p>\n\n\n\n<p>Ils y arriv\u00e8rent enfin. La femme ouvrit la porte. L&rsquo;homme allait presque entrer en premier quand il se poussa finalement et pronon\u00e7a \u00ab\u00a0Les femmes d&rsquo;abord\u00a0\u00bb. Cette derni\u00e8re se poussa et pronon\u00e7a \u00e0 son tour \u00ab\u00a0Les hommes d&rsquo;abord\u00a0\u00bb. L&rsquo;homme fut \u00e9tonn\u00e9, mais par sa logique, il pronon\u00e7a \u00ab\u00a0Les femmes d&rsquo;abord tout de m\u00eame, c&rsquo;est vous qui m&rsquo;invitez. C&rsquo;est votre appartement et non chez moi, allez-y, je vous suis\u00a0\u00bb. La femme r\u00e9pliqua alors \u00ab\u00a0Mon cher, comme vous venez de si bien le dire, vous \u00eates mon invit\u00e9, alors, les invit\u00e9s d&rsquo;abord. Ce n&rsquo;est qu&rsquo;une question de principe\u00a0\u00bb. L&rsquo;homme fut mis \u00e0 l&rsquo;\u00e9preuve, il marcha de pied ferme jusque derri\u00e8re la jeune femme et la poussa \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur du logement. La femme r\u00e2la \u00ab\u00a0Ce n&rsquo;est pas juste ! Ce n&rsquo;est pas du jeu !\u00a0\u00bb. L&rsquo;homme s&rsquo;\u00e9cria \u00ab\u00a0J&rsquo;ai gagn\u00e9 ! J&rsquo;ai r\u00e9ussi \u00e0 vous faire passer avant moi !\u00a0\u00bb. Ils eurent alors un d\u00e9bat sur ce sujet, autour de la politesse et de l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 homme\/femme.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s une petite discussion quelque peu ironiquement politique, la femme se rua dans la cuisine pour faire du caf\u00e9 pour monsieur et du th\u00e9 pour elle-m\u00eame. L&rsquo;homme se leva et alla aider son amie dans la pr\u00e9paration, il demanda o\u00f9 se trouvaient les assiettes et en prit deux pour les tasses et des serviettes qui \u00e9taient pos\u00e9es sur le plan de travail de la cuisine. Ils eurent rapidement fini. Ils s&rsquo;assirent sur le divan et la femme alluma la t\u00e9l\u00e9vision. Ils regard\u00e8rent une \u00e9mission assez dr\u00f4le devant laquelle ils essayaient de se retenir de rire pour toujours la m\u00eame raison, \u00e9viter de d\u00e9ranger les voisins. Et ensuite, les deux discut\u00e8rent encore un peu, de sujets un peu plus s\u00e9rieux cette fois&#8230; \u00e0 propos de leur v\u00e9cu. Des confessions quelque peu personnelles, ils se sentaient assez en confiance.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s un petit moment de discussion confidentielle, l&rsquo;homme s&rsquo;excusa tout en annon\u00e7ant qu&rsquo;il devait partir \u00e0 cause de l&rsquo;heure. Il se faisait tard et il commen\u00e7ait \u00e0 faire froid. La femme se leva \u00e0 son tour pour raccompagner son ami. Ils redescendirent alors les escaliers dans un petit silence similaire \u00e0 celui du moment o\u00f9 ils sont arriv\u00e9s. Ils arriv\u00e8rent au rez-de-chauss\u00e9e et la premi\u00e8re \u00e2me ouvrit la porte \u00e0 la deuxi\u00e8me.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;homme passa la porte. Il descendit les escaliers ext\u00e9rieurs et s&rsquo;arr\u00eata net. Il vit une silhouette de l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 de la rue, faiblement \u00e9clair\u00e9e par un lampadaire. On pouvait tout de m\u00eame percevoir certains d\u00e9tails. Cette personne avait une barbe, il avait un style similaire \u00e0 celui de l&rsquo;homme, mais tout en noir et blanc. Il avait un chapeau, \u00e9tait un peu bedonnant. L&rsquo;homme \u00e9tait terrifi\u00e9 par la personne qui se tenait devant lui, dans la p\u00e9nombre, pour une seule et bonne raison. La personne avait un fusil de chasse en mains. L&rsquo;arme \u00e9tait l\u00e9g\u00e8rement inclin\u00e9e vers le haut, point\u00e9e sur la femme, qui \u00e9tait devant l&rsquo;entr\u00e9e. Elle \u00e9tait t\u00e9tanis\u00e9e, mais l&rsquo;homme se pr\u00e9cipita sur la femme pour essayer de la prot\u00e9ger. La personne tira, l&rsquo;homme tomba aux pieds de son amie dans l&rsquo;escalier ext\u00e9rieur, il avait r\u00e9ussi \u00e0 arriver \u00e0 temps et \u00e0 prot\u00e9ger la femme. Oui, il l&rsquo;aimait. La balle le tua sur le coup. La t\u00eate transperc\u00e9e, dans un bain de sang. La femme, compl\u00e8tement horrifi\u00e9e par la sc\u00e8ne, se mit \u00e0 crier et \u00e0 pleurer devant la mort de son ami. Elle se mit \u00e0 genoux devant le cadavre, demanda en hurlant au tueur &lt;&lt; Pourquoi avez-vous fait \u00e7a ?! Qu&rsquo;avons-nous fait ?? Pourquoi ? R\u00e9pondez imm\u00e9diatement esp\u00e8ce de fou ! >>. L&rsquo;assassin tira une deuxi\u00e8me balle, qui transper\u00e7a la poitrine de la femme. Avant m\u00eame qu&rsquo;elle ait le temps de respirer une derni\u00e8re fois, le tueur \u00e0 barbe tira la balle fatale. Elle s&rsquo;\u00e9croula \u00e0 son tour. Cette balle meurtri\u00e8re transper\u00e7a le cou de la derni\u00e8re \u00e2me pure. Elles s&rsquo;\u00e9teignirent ensembles.<\/p>\n\n\n\n<p>Des voisins qui avaient \u00e9t\u00e9 r\u00e9veill\u00e9s par les coups de feu et les cris, \u00e9taient discr\u00e8tement aux fen\u00eatres. L&rsquo;un d&rsquo;eux avait d\u00e9j\u00e0 appel\u00e9 la police. Le meurtrier commen\u00e7a \u00e0 courir, mais la police \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 l\u00e0, les sir\u00e8nes se faisaient entendre de plus en plus. Il fut retrouv\u00e9 et arr\u00eat\u00e9 vingt minutes plus tard dans l&rsquo;avenue de Niel.<\/p>\n\n\n\n<p>Voici ce que le rapport dit sur vous, p\u00e8re. Vous ne pouvez plus vous d\u00e9fendre, j&rsquo;en suis d\u00e9sol\u00e9. Tous les t\u00e9moins racontent cette m\u00eame version : &lt;&lt; Un homme barbu v\u00eatu d&rsquo;un style victorien, tenait dans ses mains un fusil de chasse et a abattu un homme et une femme >>. La femme, Rose Morel, est toujours vivante, elle est \u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital, elle souffre beaucoup, aussi mentalement que physiquement, mais semble se r\u00e9tablir petit \u00e0 petit. D&rsquo;apr\u00e8s les nouvelles, elle pourra bient\u00f4t passer en phase de r\u00e9\u00e9ducation. Mais l&rsquo;homme, Marc Dubois, ne s&rsquo;en est pas sorti. Votre folie aura pris le dessus sur leurs \u00e2mes. Ce que je peux d\u00e9tester les maladies du monde, votre folie. Depuis que m\u00e8re nous a quitt\u00e9s. Sombrer comme vous l&rsquo;avez fait, dans l&rsquo;alcool&#8230; vous avez compl\u00e8tement perdu la t\u00eate. Vous avez \u00e9t\u00e9 diagnostiqu\u00e9 en tant que fou. Et vous n&rsquo;irez pas en prison mais dans un asile o\u00f9 vous aurez une chance de gu\u00e9rir et de redevenir \u00e0 peu pr\u00e8s, le p\u00e8re que j&rsquo;ai connu et tant aim\u00e9. Je garderai bien la maison et je m&rsquo;occuperai bien de Luna. Nous esp\u00e9rons de tout c\u0153ur vous r\u00e9cup\u00e9rer&#8230; T\u00e2chez de bien prendre vos traitements et d&rsquo;\u00e9couter les m\u00e9decins. Soyez fort, n&rsquo;abandonnez pas pour peut-\u00eatre un jour rentrer \u00e0 la maison.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Votre fils, Jules MONNIER et votre fille, Luna MONNIER<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image is-style-rounded\"><figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/sites.ac-nancy-metz.fr\/webjournal-poncelet-saint-avold\/wp-content\/uploads\/Screenshot_2022-10-12-21-41-03-41_dba69a5e82e939c3ddef13f99a115ca3-637x900.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-5145\" width=\"309\" height=\"437\" srcset=\"https:\/\/sites.ac-nancy-metz.fr\/webjournal-poncelet-saint-avold\/wp-content\/uploads\/Screenshot_2022-10-12-21-41-03-41_dba69a5e82e939c3ddef13f99a115ca3-637x900.jpg 637w, https:\/\/sites.ac-nancy-metz.fr\/webjournal-poncelet-saint-avold\/wp-content\/uploads\/Screenshot_2022-10-12-21-41-03-41_dba69a5e82e939c3ddef13f99a115ca3-212x300.jpg 212w, https:\/\/sites.ac-nancy-metz.fr\/webjournal-poncelet-saint-avold\/wp-content\/uploads\/Screenshot_2022-10-12-21-41-03-41_dba69a5e82e939c3ddef13f99a115ca3-768x1084.jpg 768w, https:\/\/sites.ac-nancy-metz.fr\/webjournal-poncelet-saint-avold\/wp-content\/uploads\/Screenshot_2022-10-12-21-41-03-41_dba69a5e82e939c3ddef13f99a115ca3-42x60.jpg 42w, https:\/\/sites.ac-nancy-metz.fr\/webjournal-poncelet-saint-avold\/wp-content\/uploads\/Screenshot_2022-10-12-21-41-03-41_dba69a5e82e939c3ddef13f99a115ca3.jpg 1080w\" sizes=\"(max-width: 309px) 100vw, 309px\" \/><\/figure><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Chapitre 1 Cet homme \u00e0 Paris \u00e9tait beau. 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