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{"id":7370,"date":"2026-01-26T10:00:32","date_gmt":"2026-01-26T09:00:32","guid":{"rendered":"https:\/\/sites.ac-nancy-metz.fr\/webjournal-poncelet-saint-avold\/?p=7370"},"modified":"2026-01-26T11:39:58","modified_gmt":"2026-01-26T10:39:58","slug":"la-naissance-du-monde-cadavre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/sites.ac-nancy-metz.fr\/webjournal-poncelet-saint-avold\/2026\/01\/26\/la-naissance-du-monde-cadavre\/","title":{"rendered":"La Naissance du Monde Cadavre"},"content":{"rendered":"\n<p>Au-del\u00e0 des voiles de l\u2019\u00eatre, des puissances ant\u00e9rieures \u00e0 toute pens\u00e9e persistent, \u00e9trang\u00e8res jusqu\u2019\u00e0 l\u2019id\u00e9e m\u00eame de regard. La conscience humaine n\u2019est qu\u2019une dissonance impie, une cicatrice provisoire sur l\u2019indiff\u00e9rence infinie du r\u00e9el.<br>Extrait de L\u2019Astronomie d\u2019un Dieu qui ne Regarde Pas ; Trawn H. Sternmera XIIIe si\u00e8cle<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/sites.ac-nancy-metz.fr\/webjournal-poncelet-saint-avold\/wp-content\/uploads\/47A47018-BFA3-4E44-B206-64DE531DBC46.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-7384\" width=\"145\" height=\"145\" srcset=\"https:\/\/sites.ac-nancy-metz.fr\/webjournal-poncelet-saint-avold\/wp-content\/uploads\/47A47018-BFA3-4E44-B206-64DE531DBC46.png 131w, https:\/\/sites.ac-nancy-metz.fr\/webjournal-poncelet-saint-avold\/wp-content\/uploads\/47A47018-BFA3-4E44-B206-64DE531DBC46-60x60.png 60w\" sizes=\"(max-width: 145px) 100vw, 145px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>J\u2019\u00e9cris ceci en \u00e9tant sous la pression d\u2019un stress particuli\u00e8rement important, puisque ce soir je ne serai plus. J\u2019arrive \u00e0 la fin de ma r\u00e9serve de morphine qui seule rend ma vie supportable. Je me jetterai par la fen\u00eatre de ma mansarde dans la rue putride qui g\u00eet en contrebas. Car si je ne puis arr\u00eater la chose purulente, je pr\u00e9f\u00e8re encore mourir que la laisser me faucher.<\/p>\n\n\n\n<p>Ne prenez pas mes \u00e9crits comme les d\u00e9lires du supplice d\u2019un drogu\u00e9, la r\u00e9alit\u00e9 s\u2019effondre autour de moi, comme une peau morte, et mes souvenirs eux-m\u00eames fermentent. Mais si je ne transcris pas ces horreurs maintenant, je crains qu\u2019elles ne me rongent d\u00e9finitivement jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019il ne reste plus de moi qu\u2019un murmure, un gargouillis, un son suintant dans les visc\u00e8res de la b\u00eate.<\/p>\n\n\n\n<p>Car la ville n\u2019est plus une ville.<\/p>\n\n\n\n<p>Et la campagne n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 une campagne.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce ne sont que les \u00e9tats successifs d\u2019un organisme qui m\u2019a choisi comme t\u00e9moin, ou plut\u00f4t comme nourriture.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" width=\"131\" height=\"131\" src=\"https:\/\/sites.ac-nancy-metz.fr\/webjournal-poncelet-saint-avold\/wp-content\/uploads\/47A47018-BFA3-4E44-B206-64DE531DBC46-1.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-7386\" srcset=\"https:\/\/sites.ac-nancy-metz.fr\/webjournal-poncelet-saint-avold\/wp-content\/uploads\/47A47018-BFA3-4E44-B206-64DE531DBC46-1.png 131w, https:\/\/sites.ac-nancy-metz.fr\/webjournal-poncelet-saint-avold\/wp-content\/uploads\/47A47018-BFA3-4E44-B206-64DE531DBC46-1-60x60.png 60w\" sizes=\"(max-width: 131px) 100vw, 131px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Tout commen\u00e7a par une vibration furtive sous les pav\u00e9s, le souffle sourd d\u2019une b\u00eate endormie. Un grondement \u00e9pais, comme d\u2019immenses visc\u00e8res se fr\u00f4lant dans l\u2019ombre, qui se r\u00e9percutait entre les murs et la pierre. Puis, tr\u00e8s vite, la cadence s\u2019acc\u00e9l\u00e9ra, devint plus \u00e2pre, plus violente : une pulsation qui faisait fr\u00e9mir les canalisations, l\u00e9zardait les fa\u00e7ades et secouait mes meubles jusqu\u2019\u00e0 leur donner l\u2019illusion d\u2019une vie propre. Les habitants du quartier parlaient de simples travaux souterrains ; pour ma part, je savais qu\u2019autre chose s\u2019agitait sous nos pieds : une pr\u00e9sence vaste, ti\u00e8de, intimement troubl\u00e9e mais profond\u00e9ment d\u00e9rang\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Je marchais le long des quais obscurs de la vieille cit\u00e9 universitaire o\u00f9 je vivais. Les lampadaires diffusaient des halos vacillants, malmen\u00e9s par l\u2019haleine d\u2019une brise ti\u00e8de, et les fa\u00e7ades gothiques semblaient se pencher vers moi, comme si elles cherchaient \u00e0 surprendre mes pens\u00e9es. Pourtant, ce ne furent ni l\u2019antique architecture, ni l\u2019ombre pesante des clochers, pas m\u00eame ces ondes sourdes et malignes, qui provoqu\u00e8rent ma premi\u00e8re d\u00e9faillance.<\/p>\n\n\n\n<p>Non. Ce fut au loin brillante, une lueur bleut\u00e9e : un scintillement discret, tel un phare miniature \u00e9gar\u00e9 entre les maisons. Je la pris d\u2019abord pour un simple reflet, mais elle palpitait avec une r\u00e9gularit\u00e9 troublante, \u00e9voquant davantage un signal, au rythme d\u2019une respiration.<\/p>\n\n\n\n<p>Je voulus m\u2019en approcher ; cependant, la ruelle d\u2019o\u00f9 elle \u00e9manait se r\u00e9v\u00e9la inhabit\u00e9e, d\u00e9serte, comme si les pav\u00e9s eux-m\u00eames refusaient de soutenir mes pas. Je reculai malgr\u00e9 moi, saisi d\u2019une angoisse sans nom, et regagnai mon vieil appartement miteux en \u00e9vitant soigneusement le regard de ces murs qui, me semblait-il, s\u2019\u00e9taient \u00e9veill\u00e9s, d\u00e9sireux de se refermer sur moi telles d\u2019immenses paupi\u00e8res monstrueuses.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette nuit-l\u00e0, mes insomnies m\u2019achev\u00e8rent et mon sommeil me pr\u00e9cipita dans une campagne dont jamais mon esprit ne fut t\u00e9moin, mais que mon c\u0153ur semblait reconna\u00eetre. Je tombai dans la campagne onirique : pas une campagne paisible mais un d\u00e9sert de chairs tombales o\u00f9 les collines palpitaient comme des abc\u00e8s g\u00e9ants. L\u2019air y vibrait de cris \u00e9touff\u00e9s, d\u2019appels \u00e9mis par des gorges sans bouches. Parfois, je sentais le sol se d\u00e9former sous moi, comme si quelque chose rampait en dessous, cherchant \u00e0 me happer.<\/p>\n\n\n\n<p>Devant moi s\u2019\u00e9tendait un champ vaste, parfaitement r\u00e9gulier, aux herbes p\u00e2les qui crissaient sous mes pas, comme entretenu par une main invisible. En son centre, j\u2019aper\u00e7us une masse rectangulaire, pench\u00e9e de travers, une maison, ou ce qu\u2019il en restait. Ses planches ondulaient comme d\u2019anciennes chairs mal jointes, et de longues fibres violac\u00e9es pendaient de son toit, s\u2019agitant comme des membres amaigris et une lueur d\u00e9bile battait \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais cette maison n\u2019\u00e9tait pas une demeure ; c\u2019\u00e9tait une cicatrice.<\/p>\n\n\n\n<p>Une ouverture suppurante.<\/p>\n\n\n\n<p>Un \u0153il peut-\u00eatre, ou une plaie cosmique.<\/p>\n\n\n\n<p>Plus j\u2019approchais, plus les murs se convulsaient comme les flancs d\u2019une b\u00eate pr\u00eate \u00e0 accoucher. Et moi, mis\u00e9rable parasite, j\u2019y entrais, avant de me noyer dans des boyaux de t\u00e9n\u00e8bres innommables.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" width=\"131\" height=\"131\" src=\"https:\/\/sites.ac-nancy-metz.fr\/webjournal-poncelet-saint-avold\/wp-content\/uploads\/47A47018-BFA3-4E44-B206-64DE531DBC46-2.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-7387\" srcset=\"https:\/\/sites.ac-nancy-metz.fr\/webjournal-poncelet-saint-avold\/wp-content\/uploads\/47A47018-BFA3-4E44-B206-64DE531DBC46-2.png 131w, https:\/\/sites.ac-nancy-metz.fr\/webjournal-poncelet-saint-avold\/wp-content\/uploads\/47A47018-BFA3-4E44-B206-64DE531DBC46-2-60x60.png 60w\" sizes=\"(max-width: 131px) 100vw, 131px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Les nuits se succ\u00e9d\u00e8rent dans une spirale de folies hallucin\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Un soir, je me vis poursuivi dans les r\u00eaves par de grandes silhouettes humaines dont les membres se disloquaient \u00e0 chaque pas. Elles me hurlaient des choses impossibles avec leurs voix funestes qui ne pouvaient \u00eatre compar\u00e9es qu\u2019au battement d\u2019outils rouill\u00e9s sur un cr\u00e2ne. Leur peau s\u2019ouvrait \u00e0 chaque cri, laissant pendre des lambeaux ros\u00e2tres qui fumaient dans l\u2019air. Quand je me r\u00e9veillai, j\u2019avais les avant-bras couverts de bleus, des empreintes de doigts trop nombreux pour appartenir \u00e0 un seul \u00eatre.<\/p>\n\n\n\n<p>Un autre soir, la ville se tordait sous moi.<\/p>\n\n\n\n<p>Les lampadaires pulsaient en cadence, comme des c\u0153urs suspendus.<\/p>\n\n\n\n<p>Les arbres du parc se mirent \u00e0 exsuder du suc, m\u00e9lang\u00e9 \u00e0 un liquide \u00e9carlate qui sifflait en touchant le sol, comme si l\u2019\u00e9corce distillait de l\u2019acide<\/p>\n\n\n\n<p>Les gens, quant \u00e0 eux, ne clignaient plus des yeux.<\/p>\n\n\n\n<p>Leur regard restait fixe, vitreux, \u00e0 demi-mort, comme si quelque chose rampant derri\u00e8re leurs pupilles tirait les ficelles.<\/p>\n\n\n\n<p>Et soudain je compris :<strong> La ville \u00e9tait en train de na\u00eetre.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Ou plut\u00f4t, quelque chose derri\u00e8re elle.<\/p>\n\n\n\n<p>Du sol montait une haleine chaude, f\u00e9tide, comme si une b\u00eate monstrueuse se camouflait sous les fondations. Un organisme, un titan, de ceux que les r\u00eaves n\u2019osaient nommer, utilisait les rues comme des veines, les immeubles comme des ossements, les habitants comme des parasites n\u00e9cessaires \u00e0 sa croissance. Et moi&#8230; j\u2019\u00e9tais son infection pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" width=\"131\" height=\"131\" src=\"https:\/\/sites.ac-nancy-metz.fr\/webjournal-poncelet-saint-avold\/wp-content\/uploads\/47A47018-BFA3-4E44-B206-64DE531DBC46-3.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-7388\" srcset=\"https:\/\/sites.ac-nancy-metz.fr\/webjournal-poncelet-saint-avold\/wp-content\/uploads\/47A47018-BFA3-4E44-B206-64DE531DBC46-3.png 131w, https:\/\/sites.ac-nancy-metz.fr\/webjournal-poncelet-saint-avold\/wp-content\/uploads\/47A47018-BFA3-4E44-B206-64DE531DBC46-3-60x60.png 60w\" sizes=\"(max-width: 131px) 100vw, 131px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>La maison onirique devint bient\u00f4t omnipr\u00e9sente.<\/p>\n\n\n\n<p>Je la voyais dans les reflets des vitrines, dans les flaques de pluie. Elle apparaissait parfois derri\u00e8re un feu de signalisation, pench\u00e9e comme une guillotine pr\u00eate \u00e0 tomber. D\u2019autre fois, elle se d\u00e9doublait : une version immobile, et une autre, tremblotante, qui semblait respirer en cadence avec la ville<\/p>\n\n\n\n<p>Alors, une nuit, je n\u2019ai pas r\u00eav\u00e9 d\u2019y entrer. En me couchant, je sentis la fronti\u00e8re entre les deux mondes s\u2019affaisser. Je n\u2019eus m\u00eame pas le temps de penser au sommeil ; Il me prit comme une vague sc\u00e9l\u00e9rate. J\u2019y ai \u00e9t\u00e9 aval\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Je me suis r\u00e9veill\u00e9 dans son couloir visqueux, comme expuls\u00e9 par un \u0153sophage g\u00e9ant. Les murs \u00e9taient stri\u00e9s de fissures d\u2019o\u00f9 s\u2019\u00e9chappaient des jets de vapeur chaude, et le sol tremblait comme un tambour battu par des centaines de poings.<\/p>\n\n\n\n<p>Quant \u00e0 l\u2019odeur&#8230; C\u2019\u00e9tait celle du sang ancien, rance, m\u00e9lang\u00e9 \u00e0 une senteur sucr\u00e9e de chair ferment\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>On entendait des choses dans les murs, des grattements, des g\u00e9missements, des voix.<\/p>\n\n\n\n<p>Et certaines voix&#8230; je les ai reconnues.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019entendis la voix de ma m\u00e8re. Puis celle de mon p\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>Puis ma propre voix, hurlante, suppliante, g\u00e9missante comme une b\u00eate mourante.<\/p>\n\n\n\n<p>Les murs se mirent \u00e0 s\u2019ouvrir, lentement, r\u00e9v\u00e9lant des cavit\u00e9s o\u00f9 des silhouettes humaines se d\u00e9battaient, coinc\u00e9es, fusionn\u00e9e avec la mati\u00e8re vivante de la maison. Certaines, encore conscientes, me fixaient avec des yeux dilat\u00e9s \u00e0 l\u2019extr\u00eame, comme si l\u2019on avait retir\u00e9 l\u2019iris pour ne laisser qu\u2019un blanc translucide. D\u2019autres murmuraient des pri\u00e8res qui faisaient vibrer l\u2019air d\u2019une fa\u00e7on malsaine.<\/p>\n\n\n\n<p>Je crus entendre un battement derri\u00e8re ces parois, un battement doux, large, comme celui d\u2019un c\u0153ur, pas humain, mais cosmique, r\u00e9gulier comme un oc\u00e9an immobile.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019ignore combien de temps je marchai. Le couloir se ramifia, se dissipa, se recomposa. La maison semblait se tordre, respirer, me sonder. Parfois, une fen\u00eatre apparaissait, donnant sur des visions impossibles : des cit\u00e9s \u00e9tincelantes suspendues \u00e0 des nuages de nacre ; des for\u00eats o\u00f9 des arbres-lampes pulsaient comme des \u00eatres vivants ; des mers dont les vagues semblaient se retirer vers le ciel au lieu de s\u2019\u00e9craser sur la rive.<\/p>\n\n\n\n<p>Puis le c\u0153ur apparut.<\/p>\n\n\n\n<p>Un c\u0153ur \u00e9norme, pulsant, suspendu \u00e0 des c\u00e2bles de fibres. Sa surface \u00e9tait lisse, mauve, luisante. A chaque battement, l\u2019air vibrait, et les murs de la maison se contractaient en \u00e9cho. J\u2019aurais voulu fuir, mais mes jambes ne m\u2019ob\u00e9issaient plus.<\/p>\n\n\n\n<p>Alors, une chose impensable se produisit.<\/p>\n\n\n\n<p>La surface du c\u0153ur s\u2019ouvrit, non pas comme une blessure, mais comme des l\u00e8vres gigantesques. Une voix, \u00e9paisse, liquide, en sortit, vibrante.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle ne parla pas. Elle ne chuchota pas, elle r\u00eava&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>Ce n\u2019\u00e9tait plus un organe, mais un tr\u00f4ne.<\/p>\n\n\n\n<p>Ou un autel.<\/p>\n\n\n\n<p>Un monstre immonde, impie.<\/p>\n\n\n\n<p>Un cerveau palpitant, cherchant \u00e0 comprendre le monde \u00e0 travers mes cauchemars.<\/p>\n\n\n\n<p>Il battait, et, \u00e0 chaque battement je sentais ma t\u00eate sur le point d\u2019\u00e9clater.<\/p>\n\n\n\n<p>Et je compris que c\u2019\u00e9tait moi dont elle r\u00eavait, depuis le d\u00e9but.<\/p>\n\n\n\n<p>Moi, et la ville, et la campagne, et tout ce que j\u2019avais cru r\u00e9el.<\/p>\n\n\n\n<p>La voix me fit voir : la maison \u00e9tait un nexus, un organe d\u2019un \u00eatre enfoui sous la terre depuis des \u00e8res oubli\u00e9es. La ville n\u2019\u00e9tait qu\u2019un des multiples prolongements de son corps, une excroissance qui attendait de fusionner avec la campagne onirique, elle-m\u00eame issue d\u2019une dimension parall\u00e8le, un territoire de chairs mortes, de souvenirs malades, de terreurs ferment\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Quand les deux mondes se rejoindraient, l\u2019\u00eatre s\u2019\u00e9veillerait.<\/p>\n\n\n\n<p>Et moi&#8230; j\u2019\u00e9tais ce qui manquait. Un pont. Un catalyseur. Un cerveau.<\/p>\n\n\n\n<p>La v\u00e9rit\u00e9 me transper\u00e7a comme un harpon :<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Je n\u2019avais jamais r\u00eav\u00e9 de la maison, ni m\u00eame de la campagne.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Ce sont elles qui r\u00eavaient par moi.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le c\u0153ur se contracta une derni\u00e8re fois, d\u2019un mouvement si puissant qu\u2019il me projeta en arri\u00e8re, brisant la vision.<\/p>\n\n\n\n<p>Je me r\u00e9veillai dans mon lit. La ville semblait silencieuse. Mais lorsque je posai la main au sol, je sentis une vibration lente, profonde, r\u00e9guli\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>Le c\u0153ur. Je ne sais pas ce qu\u2019il attend. Je ne sais pas ce que je deviens.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais parfois, lorsque la lune monte et que la brume se teinte de violet, je crois sentir mes os se courber&#8230; comme si mon corps commen\u00e7ait \u00e0 ressembler \u00e0 ceux que j\u2019ai vus marcher dans la ville.<\/p>\n\n\n\n<p>Je vous supplie : Si vous entendez un battement sourd sous les pav\u00e9s, partez. Ne cherchez pas la campagne. Ne suivez pas les silhouettes.<\/p>\n\n\n\n<p>Car si elle vous choisit&#8230; Elle vous volera non seulement votre sommeil, mais votre chair, votre ville, et votre monde entier.<\/p>\n\n\n\n<p>Et alors, vous comprendrez que la r\u00e9alit\u00e9 n\u2019est qu\u2019un organe, un organe que quelque chose d\u2019incommensurable, de cyclop\u00e9en, attend encore d\u2019absorber.<\/p>\n\n\n\n<p>Par Th\u00e9o NICOLAS (1er prix du jury)<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Au-del\u00e0 des voiles de l\u2019\u00eatre, des puissances ant\u00e9rieures \u00e0 toute pens\u00e9e persistent, \u00e9trang\u00e8res jusqu\u2019\u00e0 l\u2019id\u00e9e m\u00eame de regard. La conscience humaine n\u2019est qu\u2019une dissonance impie, une cicatrice provisoire sur l\u2019indiff\u00e9rence infinie du r\u00e9el.Extrait de L\u2019Astronomie d\u2019un Dieu qui ne Regarde Pas ; Trawn H. Sternmera XIIIe si\u00e8cle J\u2019\u00e9cris ceci en \u00e9tant sous la pression d\u2019un &hellip; <\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":7393,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0},"categories":[73],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/sites.ac-nancy-metz.fr\/webjournal-poncelet-saint-avold\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7370"}],"collection":[{"href":"https:\/\/sites.ac-nancy-metz.fr\/webjournal-poncelet-saint-avold\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/sites.ac-nancy-metz.fr\/webjournal-poncelet-saint-avold\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/sites.ac-nancy-metz.fr\/webjournal-poncelet-saint-avold\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/sites.ac-nancy-metz.fr\/webjournal-poncelet-saint-avold\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=7370"}],"version-history":[{"count":10,"href":"https:\/\/sites.ac-nancy-metz.fr\/webjournal-poncelet-saint-avold\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7370\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":7407,"href":"https:\/\/sites.ac-nancy-metz.fr\/webjournal-poncelet-saint-avold\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7370\/revisions\/7407"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/sites.ac-nancy-metz.fr\/webjournal-poncelet-saint-avold\/wp-json\/wp\/v2\/media\/7393"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/sites.ac-nancy-metz.fr\/webjournal-poncelet-saint-avold\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=7370"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/sites.ac-nancy-metz.fr\/webjournal-poncelet-saint-avold\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=7370"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/sites.ac-nancy-metz.fr\/webjournal-poncelet-saint-avold\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=7370"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}