﻿<br />
<b>Warning</b>:  strpos() expects parameter 1 to be string, array given in <b>/web/webjournal-poncelet-saint-avold/wp-includes/blocks.php</b> on line <b>20</b><br />
{"id":7418,"date":"2026-01-31T12:29:00","date_gmt":"2026-01-31T11:29:00","guid":{"rendered":"https:\/\/sites.ac-nancy-metz.fr\/webjournal-poncelet-saint-avold\/?p=7418"},"modified":"2026-01-30T11:01:54","modified_gmt":"2026-01-30T10:01:54","slug":"7418","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/sites.ac-nancy-metz.fr\/webjournal-poncelet-saint-avold\/2026\/01\/31\/7418\/","title":{"rendered":"Villes et campagnes"},"content":{"rendered":"\n<p>Hey ! Je sais que je te d\u00e9laisse de plus en plus en ce moment, mais je ne ressens plus le besoin de tout te confier comme j\u2019ai pu le faire par le pass\u00e9. Pourtant, cette histoire l\u00e0, impossible de la garder pour moi. Elle est bien trop \u00e9mouvante !<br>\u00c7a fait si longtemps que je ne t\u2019ai pas \u00e9crit que tu dois \u00eatre la seule \u00ab personne \u00bb \u00e0 qui je n\u2019ai jamais parl\u00e9 de ma meilleure amie Mallory. Heureusement que tu n\u2019es pas vivant d\u2019ailleurs, car tu n\u2019en pourrais plus. Depuis que je la connais, je n\u2019ai plus que son nom \u00e0 la bouche !<br>Bref, Mallory est arriv\u00e9e dans mon lyc\u00e9e en septembre. Dans notre \u00e9tablissement de moins de 300 \u00e9l\u00e8ves, o\u00f9 les nouveaux sont rares, son arriv\u00e9e a aussit\u00f4t fait sensation. Pendant des semaines, on ne parla plus que d\u2019elle. Le jour o\u00f9 elle apparut enfin, nous la d\u00e9visage\u00e2mes comme un lion derri\u00e8re les barreaux d\u2019un zoo.<br>Elle \u00e9tait aussi maigre que j\u2019\u00e9tais \u00e9lanc\u00e9e.<br>Aussi petite que j\u2019\u00e9tais grande.<br>Elle donnait l\u2019impression d\u2019\u00eatre un croquis inachev\u00e9, une esquisse qui ne serait jamais dessin\u00e9e. Son corps \u00e9tait aval\u00e9 par ses v\u00eatements trop larges et trop p\u00e2les, comme si m\u00eame les couleurs h\u00e9sitaient \u00e0 s\u2019accrocher \u00e0 elle. Le dos vout\u00e9, ses habits semblaient la porter plus qu\u2019elle ne les portait. Moi, je me tenais droite, consciente de l\u2019harmonie de mes courbes et de la force qu\u2019elles imposaient.<br>Quand elle marchait, ses pas h\u00e9sitaient, comme si elle craignait de blesser le sol. Moi, mes bottes hautes et brillantes comme du jais, claquaient avec assurance. Ses cheveux trop clairs et trop fins, retombaient en un voile triste devant son visage, qu\u2019elle cherchait \u00e0 cacher. Tandis que mes boucles chocolat dessin\u00e9es avec soin encadraient le mien avec perfection.<br>Ses yeux gris, tristes et voil\u00e9s de fatigue, ne croisaient jamais un regard. Les miens, grands bruns et poudr\u00e9s d\u2019un vert vif, regardaient les gens avec franchise.<br>Elle \u00e9vitait les regards. J\u2019aimais les attirer.<br>Elle semblait s\u2019excuser d\u2019exister. J\u2019occupais l\u2019espace sans efforts.<br>Quand elle se tenait \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de moi, sa fragilit\u00e9 rendait ma posture encore plus droite, ma confiance encore plus \u00e9clatante. Alors je d\u00e9cidais de la prendre sous mon aile tant j\u2019avais piti\u00e9 d\u2019elle.<br>Elle s\u2019est tr\u00e8s mal int\u00e9gr\u00e9e. J\u2019\u00e9tais sa seule amie. Elle ne parlait \u00e0 personne d\u2019autre qu\u2019\u00e0 moi et si j\u2019avais le malheur d\u2019adresser un seul mot \u00e0 quelqu\u2019un d\u2019autre, elle s\u2019en allait.<br>Alors petit \u00e0 petit, je passais le plus clair, voire m\u00eame TOUT mon temps avec elle.<br>En octobre, elle eut le malheur &#8211; ou le bonheur selon le point de vue &#8211; de rencontrer Ka\u00ebl.<br>Il avait surgi au d\u00e9tour d\u2019un couloir. Ses \u00e9paules \u00e9taient larges sous sa veste de cuir us\u00e9e. Ses cheveux sombres retombaient en m\u00e8ches indisciplin\u00e9es autour de ses yeux d\u2019un bleu acier, aussi froids que captivants. Une odeur de tabac blond l\u2019accompagnait, renfor\u00e7ant l\u2019aura dangereusement s\u00e9duisante qui ne le quittait jamais.<br>Il marchait d\u2019un pas rapide et assur\u00e9. Chacun de ses mouvements faisait tinter les nombreuses chaines d\u2019or qui ornaient son cou. Il bouscula Mallory sans fa\u00e7on, la faisant tomber par la m\u00eame occasion. Sans ralentir ni se retourner, il fron\u00e7a \u00e0 peine ses \u00e9pais sourcils puis poursuivit sa route, la m\u00e2choire crisp\u00e9e.<br>Je me pr\u00e9cipitais, le c\u0153ur battant \u00e0 tout rompre. La peur me tenaillait \u00e0 l\u2019id\u00e9e qu\u2019une cr\u00e9ature si fragile ait pu \u00eatre bless\u00e9e par un tel impact. Heureusement, elle me rassura :<\/p>\n\n\n\n<p>-Ce n\u2019est rien. Ne t\u2019inqui\u00e8te pas pour moi. Je ne me suis jamais bless\u00e9e. Pas m\u00eame un saignement de nez !<br>Alors, pour la premi\u00e8re fois depuis notre rencontre, elle me regarda droit dans les yeux et me demanda :<\/p>\n\n\n\n<p>-Il est si beau ! C\u2019\u00e9tait qui ?<br>Ses yeux \u00e9taient parsem\u00e9es d\u2019\u00e9toiles. La pauvre fille \u00e9tait tomb\u00e9e sous le charme d\u2019un homme qui ne<br>pourrait que lui arracher des larmes.<br>Peu \u00e0 peu, Mallory s\u2019\u00e9loigna de moi. Elle arrivait plus tard, repartait plus t\u00f4t, attir\u00e9e par ce gar\u00e7on sombre qui lui accordait une attention qu\u2019elle croyait unique. Elle se rapprochait de lui, timidement, sans rien dire. Et lui, avec son sourire en coin, paraissait charm\u00e9. Il riait avec elle, lui montrait son Opinel grav\u00e9 de son nom et d\u2019une \u00e9toile maladroite. Elle se sentait privil\u00e9gi\u00e9e, sans comprendre qu\u2019il r\u00e9p\u00e9tait \u00e0 tous les m\u00eames histoires. Moi, en revanche, je voyais clair dans son jeu : derri\u00e8re ses gestes doux, son regard calculateur trahissait ses mauvaises intentions.<br>J\u2019\u00e9tais d\u00e9sarm\u00e9e. Je voulais l\u2019aider, la tirer des griffes de cette cr\u00e9ature abominable. Pourtant, plus les jours passaient et plus je me sentais impuissante. Mallory s\u2019\u00e9loignait de moi dans un silence presque total et j\u2019avais beau tout tenter pour la retenir, elle continuait de s\u2019effacer comme une silhouette dans le brouillard.<br>Sans elle, un \u00e9trange vide me saisissait. L\u2019absence de sa pr\u00e9sence fragile me d\u00e9stabilisait et laissait un vide trop grand autour de moi. Ma confiance habituelle semblait vaciller sans ce regard timidement tourn\u00e9 vers moi. Une part de moi refusait d\u2019admettre que sa faiblesse me manquait. Et pourtant, c\u2019\u00e9tait exactement ce qui me rongeait.<br>En plus, comme j\u2019avais tout mis\u00e9 sur Mallory en d\u00e9laissant les autres filles, elles refusaient de me reprendre dans leur groupe. Elles s\u2019\u00e9taient senties trahies et je ne pouvais m\u00eame pas leur en vouloir.<br>Alors, le jour o\u00f9 elle revient vers moi pour me demander :<\/p>\n\n\n\n<p>-Tu veux qu\u2019on aille se promener ensemble apr\u00e8s les cours ? Tu sais, \u00e7a fait d\u00e9j\u00e0 3 mois que je suis ici et je ne connais toujours pas les environs. Tu pourrais me montrer la campagne non ?<br>Avant, je d\u00e9testais ce coin perdu. Mon c\u0153ur r\u00eavait de la ville et de ses rues anim\u00e9es. Mais depuis ma rencontre avec Kael, c\u2019est diff\u00e9rent : j\u2019ai envie de d\u00e9couvrir ces lieux tranquilles o\u00f9 personne ne va, si typiques de la r\u00e9gion.<\/p>\n\n\n\n<p>-Mais bien s\u00fbr, m\u2019\u00e9tais-je \u00e9cri\u00e9e ravie.<br>A la fin des cours, nous quitt\u00e2mes le lyc\u00e9e en traversant le centre du village, encore anim\u00e9 par le flot d\u2019\u00e9l\u00e8ves qui rentraient chez eux. Sans un mot, je lui pris la main et l\u2019entra\u00eenai vers les chemins d\u00e9laiss\u00e9s de la nature.<br>\u00c0 chaque d\u00e9tour, je lui montrais un coin secret. Un vieux puits envahi de mousse, une balan\u00e7oire de bois rong\u00e9e par la pluie ou encore un pommier oubli\u00e9 qui plombait sous son propre poids. Elle me suivait docilement, sans toutefois para\u00eetre enthousiaste.<br>Alors, je l\u2019emmenai plus loin. L\u00e0 o\u00f9 les sentiers s\u2019effa\u00e7aient et o\u00f9 les arbres se rejoignaient pour former une vo\u00fbte serr\u00e9e et sombre, comme un refuge prot\u00e9g\u00e9 du monde.<br>Derri\u00e8re un \u00e9pais buisson aux feuilles persistantes, je lui fis d\u00e9couvrir un petit espace secret. C\u2019\u00e9tait un sol de terre noire, presque velout\u00e9e, que personne ne foulait jamais.<br>Je lui expliquai qu\u2019ici, m\u00eame le soleil n\u2019osait venir.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle s\u2019accroupit. Ses doigts effleur\u00e8rent la terre et ses yeux gris s\u2019\u00e9carquill\u00e8rent comme si elle d\u00e9couvrait un tr\u00e9sor.<br>Nous rest\u00e2mes l\u00e0 un moment et, avant de partir, Mallory fixa le sol puis m\u2019avoua :<\/p>\n\n\n\n<p>-Notre amiti\u00e9 me manque. Tu ne voudrais pas qu\u2019on se fasse une soir\u00e9e pyjama toutes les deux ? Ca pourrait \u00eatre sympa, non ?<br>Dans la froideur de la nuit qui venait de tomber, une douce chaleur m\u2019envahit. Ce moment inesp\u00e9r\u00e9 venait d\u2019arriver. Ma vie allait redevenir comme avant ! Je lui r\u00e9pondis par l\u2019affirmative et lui proposai de faire \u00e7a chez moi le lendemain soir. Elle accepta et nous nous quitt\u00e2mes sur cette note joyeuse.<br>Le lendemain, toute ma famille \u00e9tait en effervescence \u00e0 l\u2019id\u00e9e de sa venue. Ma m\u00e8re ne quittait plus son aspirateur, traquant des poussi\u00e8res imaginaires qui, selon elle, pourraient donner une mauvaise image d\u2019elle. Tandis que mon p\u00e8re, pr\u00e9parait le d\u00eener avec soin.<br>A 19h, on sonna \u00e0 notre porte. Ma m\u00e8re s\u2019y pr\u00e9cipita avec un immense sourire plaqu\u00e9 sur le visage.<br>Mais, en d\u00e9couvrant notre visiteur, ses yeux s\u2019\u00e9carquill\u00e8rent. Sa bouche s\u2019entrouvrit sans qu\u2019aucun son n\u2019en sorte et toute couleur quitta son visage fig\u00e9 de stupeur et de terreur.<br>Elle claqua la porte avant de me demander horrifi\u00e9e :<\/p>\n\n\n\n<p>-Rassure moi. Ce n\u2019est pas elle !?<br>Interloqu\u00e9e, je gagnais l\u2019entr\u00e9e pr\u00eate au pire.<br>C\u2019\u00e9tait bien Mallory. Dans un sale \u00e9tat certes, mais c\u2019\u00e9tait elle. Son informe doudoune blanche autrefois \u00e9clatante \u00e9tait d\u00e9sormais macul\u00e9e de sang et de tra\u00een\u00e9es de boue. J\u2019\u00e9tais si abasourdie, que mes mots me laiss\u00e8rent seule avec les bras ballants. Heureusement pour une fois elle me devan\u00e7a et m\u2019expliqua paniqu\u00e9e :<\/p>\n\n\n\n<p>-Je dois \u00eatre horrible \u00e0 voir. D\u00e9sol\u00e9e si je fais peur. J\u2019ai saign\u00e9 du nez sur le trajet pour venir. \u00c7a m\u2019arrive tr\u00e8s souvent et \u00e7a met toujours un temps fou \u00e0 s\u2019arr\u00eater. Alors, j\u2019ai paniqu\u00e9 et c\u2019est ce qui m\u2019a fait tomber dans un jardin boueux. C\u2019est d\u2019ailleurs aussi pour \u00e7a que je suis en retard. Excuse moi pour tout ! Je suis vraiment trop nulle comme copine.<br>La voyant au bord des larmes, ma m\u00e8re se pr\u00e9cipita vers elle pour la rassurer :<\/p>\n\n\n\n<p>-Ma pauvre ch\u00e9rie ! \u00e7a va mieux ? T\u2019as l\u2019air si faible ! Bien s\u00fbr qu\u2019on te pardonne. En plus ce genre d\u2019accident est assez commun et peut arriver \u00e0 tout le monde !<br>Mes parents tomb\u00e8rent imm\u00e9diatement sous le charme de sa douce fragilit\u00e9. La soir\u00e9e fut parfaite, presque magique et la nuit le fut tout autant. Le lendemain matin, elle me demanda :<\/p>\n\n\n\n<p>-Promets moi de ne rien dire \u00e0 mes parents. Je ne veux surtout pas les inqui\u00e9ter.<br>C\u2019\u00e9tait bien elle \u00e7a. Toujours si terrifi\u00e9e \u00e0 l\u2019id\u00e9e de d\u00e9ranger, qu\u2019elle \u00e9tait pr\u00eate \u00e0 mettre sa propre vie en<br>danger plut\u00f4t que de causer du tort \u00e0 qui que ce soit.<br>Je passais un dimanche si fabuleux que j\u2019en oubliais compl\u00e8tement Mallory.<br>Le lundi matin, j\u2019arrivais en retard. Tout le monde \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 install\u00e9 lorsque j\u2019ouvris la porte en coup de vent. La prof de maths, qui m\u2019aurait d\u2019ordinaire grond\u00e9e, me demanda simplement :<\/p>\n\n\n\n<p>-Le retard, c\u2019est \u00e0 cause de Mallory qui est partie ?<br>Imm\u00e9diatement, je sus qu\u2019il lui \u00e9tait arriv\u00e9 quelque chose de tr\u00e8s grave, peut-\u00eatre m\u00eame d\u2019irr\u00e9parable.<br>Je savais qu\u2019elle n\u2019aurait jamais d\u00fb tra\u00eener avec Ka\u00ebl !<\/p>\n\n\n\n<p>Alors, ignorant la prof de maths, je quittai le lyc\u00e9e pour retrouver soit Kael et lui demander des explications, soit Mallory elle-m\u00eame si elle \u00e9tait encore de ce monde.<br>Je commen\u00e7ais par aller chez elle. Mais \u00e9videmment, il n\u2019y avait personne.<br>Je parcourus ensuite toutes les boutiques du village, dans l\u2019espoir qu\u2019elle y ait trouv\u00e9 refuge.<br>Je ne trouvai ni Mallory ni Ka\u00ebl. En revanche, dans la boutique d\u2019achat revente, \u00e9taient expos\u00e9es les cha\u00eenes en or dont Ka\u00ebl ne se s\u00e9parait jamais. Il avait d\u00fb les vendre pour obtenir de l\u2019argent avant de fuir apr\u00e8s son meurtre.<br>Pour \u00e9chapper \u00e0 mes pens\u00e9es, je me mis \u00e0 marcher.<br>Mes pas me men\u00e8rent sur le chemin parcouru avec Mallory quelques jours plus t\u00f4t, jusqu\u2019\u00e0 ce coin dissimul\u00e9 derri\u00e8re les buissons. Mais la place n\u2019\u00e9tait plus la m\u00eame. La terre avait \u00e9t\u00e9 retourn\u00e9e, dessinant un rectangle de la taille du corps d\u2019un homme. Et, dans cette terre encore meuble, l\u2019\u00e9charpe de Mallory \u00e9tait nou\u00e9e autour d\u2019un b\u00e2ton plant\u00e9 en son centre.<br>Je m\u2019accroupis et passais le doux tissu sur mon visage. Jamais je n\u2019aurais cru Ka\u00ebl capable de cela.<br>Mon c\u0153ur se brisa, quand l\u2019\u00e9vidence s\u2019imposa \u00e0 moi. Pourtant, aucune larme ne vint : je refusais encore d\u2019y croire.<br>Le week-end suivant, je me sentais si seule que je d\u00e9cidais de prendre le seul train \u00e0 destination de la ville pour d\u00e9couvrir ce qu\u2019avait \u00e9t\u00e9 la vie de Mallory, avant son arriv\u00e9e ici.<br>Une fois sur place, je me perdis dans le tumulte de cette fourmilli\u00e8re : foules press\u00e9es, klaxons, agitation<br>incessante. Le shopping ne me consola pas ; voir tous ces gens accompagn\u00e9s me rappelait ma solitude.<br>Alors je m\u2019achetais un croissant et partis me chercher un endroit calme au milieu de la nature qui me<br>manquait d\u00e9j\u00e0.<br>Un petit square bord\u00e9 d\u2019arbres, avec quelques tables de pique-nique, s\u2019offrit \u00e0 moi. En m\u2019avan\u00e7ant pour<br>m\u2019asseoir, je LA vis. Elle \u00e9tait vivante ! Mon c\u0153ur bondit dans ma poitrine. Assise non loin de moi, elle<br>se coupait un morceau de fromage, entour\u00e9e de sa famille qui faisait de m\u00eame.<br>L\u2019id\u00e9e de lui faire une surprise me saisit. Alors, je me glissai derri\u00e8re une rang\u00e9e de buissons et rampai<br>jusqu\u2019\u00e0 n\u2019\u00eatre plus qu\u2019\u00e0 2 m\u00e8tres d\u2019elle. J\u2019allais sortir de ma cachette quand les mots de son p\u00e8re<br>m\u2019arr\u00eat\u00e8rent net :<br>\u2013 Merci ma puce, de nous permettre de revenir en ville. \u00c7a me rend si heureux. L\u2019obligation de partir apr\u00e8s mon licenciement nous a bris\u00e9s. Mais on \u00e9tait fauch\u00e9s. Heureusement toi, tu as r\u00e9ussi je ne sais comment \u00e0 gagner des milliers d\u2019euros en quelques semaines. Je t\u2019admire et je suis d\u00e9sol\u00e9 pour ces mois \u00e0 la campagne que tu as tant ha\u00efs.<br>Elle hocha la t\u00eate l\u2019air sombre puis le regarda droit dans les yeux et dit :<br>\u2013 C\u2019\u00e9tait si atroce que j\u2019aurais \u00e9t\u00e9 pr\u00eate \u00e0 tout pour retrouver la ville. A vraiment tout ! J\u2019aurais m\u00eame pu manipuler, mentir ou encore tuer, s\u2019il avait fallu.<br>Le pire, c\u2019est que sans ses v\u00eatements et son maquillage de morte-vivante, elle n\u2019avait plus rien de la petite fille fragile qu\u2019elle avait pr\u00e9tendu \u00eatre. Une force inqui\u00e9tante \u00e9manait d\u00e9sormais d\u2019elle.<br>Mon regard se posa sur sa main. Elle continuait de couper du comt\u00e9 avec un Opinel grav\u00e9 d\u2019une \u00e9toile maladroite et d\u2019un nom masqu\u00e9 par ses doigts. Pourtant, je savais exactement lequel c\u2019\u00e9tait.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">Par Candice Lanzeroti<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Hey ! Je sais que je te d\u00e9laisse de plus en plus en ce moment, mais je ne ressens plus le besoin de tout te confier comme j\u2019ai pu le faire par le pass\u00e9. Pourtant, cette histoire l\u00e0, impossible de la garder pour moi. Elle est bien trop \u00e9mouvante !\u00c7a fait si longtemps que je &hellip; <\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":7393,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0},"categories":[73],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/sites.ac-nancy-metz.fr\/webjournal-poncelet-saint-avold\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7418"}],"collection":[{"href":"https:\/\/sites.ac-nancy-metz.fr\/webjournal-poncelet-saint-avold\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/sites.ac-nancy-metz.fr\/webjournal-poncelet-saint-avold\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/sites.ac-nancy-metz.fr\/webjournal-poncelet-saint-avold\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/sites.ac-nancy-metz.fr\/webjournal-poncelet-saint-avold\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=7418"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/sites.ac-nancy-metz.fr\/webjournal-poncelet-saint-avold\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7418\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":7444,"href":"https:\/\/sites.ac-nancy-metz.fr\/webjournal-poncelet-saint-avold\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7418\/revisions\/7444"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/sites.ac-nancy-metz.fr\/webjournal-poncelet-saint-avold\/wp-json\/wp\/v2\/media\/7393"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/sites.ac-nancy-metz.fr\/webjournal-poncelet-saint-avold\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=7418"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/sites.ac-nancy-metz.fr\/webjournal-poncelet-saint-avold\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=7418"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/sites.ac-nancy-metz.fr\/webjournal-poncelet-saint-avold\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=7418"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}