Le nouveau programme limitatif de l’enseignement optionnel et de l’enseignement de spécialité Histoire des arts a été publié au Bulletin officiel n° 4 du 22 janvier 2026. À compter de la rentrée 2026, sont renouvelées la question « Objets et enjeux de l’histoire des arts » de l’enseignement de spécialité en classe de terminale, et l’objet d’étude pour l’enseignement optionnel en classe de première.


  • Programme limitatif pour l’enseignement de spécialité d’histoire des arts en classe terminale à compter de la rentrée scolaire 2026

Objets et enjeux de l’histoire des arts : Nature ? (question renouvelée)

Considérée tout à la fois comme thème, objet et matériau pour l’artiste, la nature s’impose à l’histoire des arts par la place centrale qu’elle tient dans les productions et dans les travaux théoriques, s’y révélant comme un élément consubstantiel à la création, origine et horizon immédiat de tout artiste.

Cette question du programme limitatif permet d’aborder l’évolution du traitement du concept de nature par les arts ainsi que les effets de construction culturelle, sociale et historique qui sont à l’œuvre dans ce processus, s’attachant à rendre sensibles pour les élèves les enjeux esthétiques, artistiques et techniques ainsi mobilisés. 

Elle s’appuie sur l’étude diachronique des productions artistiques pour inscrire la diversité des formes artistiques en regard de ces évolutions, de la fusion originelle aux ruptures technicistes en passant par les naturalismes. 

Ne se limitant pas au seul paysage, elle éclaire les glissements qui conduisirent de l’idée ou du sentiment de nature dans l’art aux formes artistiques produites dans ou avec la nature.

Elle est conduite à partir d’œuvres emblématiques empruntées à la peinture, à la sculpture, à l’architecture, mais également à la musique et aux lettres ainsi qu’au cinéma. Certaines de ces références sont empruntées à plusieurs aires culturelles et géographiques extra-occidentales afin d’observer la diversité des traductions de ce concept dans les arts étudiés.


  • Programme limitatif pour l’enseignement optionnel d’histoire des arts en classe de première de la voie générale à compter de la rentrée scolaire 2026

Le siècle d’or hollandais : des primitifs flamands à l’école baroque (question renouvelée)

La période qui s’est ouverte à la fin du XVIe siècle dans les provinces septentrionales des Pays-Bas est connue comme l’âge d’or de la peinture néerlandaise. Délivrées du joug espagnol, dotées d’une large autonomie, les provinces de la nouvelle république connaissent un fleurissement économique et culturel impressionnant. Portée notamment par une bourgeoisie d’affaire, cette activité organisée autour du commerce des richesses coloniales et de l’esclavage, bénéficie d’une puissance maritime et militaire considérable, et sur le plan religieux, de l’émergence du calvinisme comme force majeure.

Cas d’école pour l’histoire de l’art, l’étude du siècle d’or hollandais engage à identifier les effets d’un tel contexte sur la production artistique foisonnante du XVIIe siècle hollandais. Pourront ainsi être abordées les influences sur la nature même des productions (peintures, porcelaines, tissus), sur les formes, les genres et les thèmes abordés (les scènes de genre, la place du portrait et de la nature morte, l’abandon des sujets religieux) ; mais également, les effets des bouleversements économiques et religieux dans l’organisation du système de production artistique (ateliers, mécènes, commanditaires) et du marché de l’art pictural flamand. 

La liste indicative d’œuvres de référence à l’appui du programme est :

Œuvres plastiques

Peinture

Sculpture

Estampe

Œuvres architecturales

Œuvres musicales

  • Peeter Cornet (vers 1570-1633), Salve Regina, pièce pour orgue, début XVIIe siècle (probablement entre 1610 et 1630) ;
  • Roland De Lassus (1532-1594), Stabat Mater Dolorosa, 1585, motet à 8 voix ;
  • Nicolas à Kempis (vers 1600-1675), 27 Symphonia op. 3 ;
  • Géry de Ghersem (entre 1573 et 1575 -1630), Missa Ave Virgo sanctissima, 1598, messe parodie à 7 voix ;
  • Carolus Hacquart (1640-1701), Triomfeerende Min (L’Amour victorieux),1678, opéra ;
  • Herman Hollanders (vers 1595 – vers 1640) Parnassus ecclesiasticus, 1631, pièces vocales à 4 et 8 voix, cordes et basse continue ;
  • Constantijn Huygens (1596-1687), Pathodia sacra et profana occupati, 1647, psaume ;
  • Peter Philips (1560/61-1628) Pavane, Gaillarde Dolorosa,1593, pièces pour clavecin ;
  • Samuel Scheidt (1587-1654), (élève de Sweelinck, a vécu à Amsterdam), Ludi Musici (1621), musique de chambre instrumentale ;
  • Jan Pieterszoon Sweelinck (1562-1621), Est-ce Mars ?, vers 1600, pièce pour orgue ;
  • Adrianus Valerius (1575-1625), Wilhelmus (1621), pièce pour luth ;
  • Nicolas Vallet (vers 1583 – vers 1642), Le secret des muses, 2 volumes 1615 et 1616, pièces pour luth ;
  • Abraham Van Den Kerckhoven (vers 1618-1702), Fantaisies pour orgue, (probablement entre 1660 et 1680) ;
  • Jacob Van Eyck (1590-1657), Der Fluyten Lust-hof (Le jardin des délices, récital pour flûte seule), 1649, recueil en deux parties ;
  • Jan Baptist Verrijt (vers 1600-1650), Flammæ divinæ, opus 5, 1649, Motets. 

Œuvres critiques, littéraires et philosophiques

  • Willem IJsbrantsz Bontekoë (1587-1657), Relations de divers voyages curieux données au public par M. Melchisedec Thévenot. Tome 1 : Relation ou Journal du voyage de Bontekoe aux Indes orientales, 1696 ;
  • Pierre Brachin (1914-2004), La littérature néerlandaise, 1962 ;
  • Jacob Cats (1577-1660), Sinne-en minnebeelden (« Livre d’emblèmes »), 1618 ;
  • Jacob Cats (1577-1660), Houwelick (« Mariage »), 1625 ;
  • Jacob Cats (1577-1660), Trou-Ringh (« Anneau de mariage »), 1637 ; 
  • Marcel Doisy (1916- ), Études : Vondel, Ibsen, Pirandello, 1951 ;
  • Hugo de Groot dit Hugo Grotius (1583-1645), Mare liberum (« De la liberté des mers »), 1609 ;
  • Hugo de Groot dit Hugo Grotius (1583-1645), Le droit de la guerre et de la paix, tomes 1 et 2, 1625 ;
  • Pieter Corneliszoon Hooft (1581-1647), Emblemata amatoria (« Emblèmes d’amour »), 1611 ;
  • Pieter Corneliszoon Hooft (1581-1647), Geeraerdt van Velsen, 1613 ;   
  • Pieter Corneliszoon Hooft (1581-1647), Granida, 1615 ;
  • Pierre Mesnard (1900-1969), « Pour le tricentenaire de Vondel, le plus grand tragique chrétien » (pages 6-21) dans Revue de Littérature comparée,1965 ;
  • Wisse Alfred Pierre Smit (1903-1986), Pierre BRACHIN (1914-2004), Vondel (1587-1679), contribution à l’histoire de la tragédie au XVIIe siècle, 1964 ;
  • Baruch Spinoza (1632-1677), Éthique, 1677 ;
  • Jacques Voisine (1914-2000), « Un grand tragique du XVIIe siècle : Vondel » (pages 109-123), dans Revue de Littérature comparée,1965 ;
  • Joost van den Vondel (1587-1679), Cinq tragédies : Gisbert d’Amstel (1637), Joseph à Dothan (1640), Lucifer (1654), Jephté (1654), Adam exilé (1664) ;
  • On peut signaler l’adaptation en français de la tragédie Joseph à Dothan de Vondel par Jean Giono (1895-1970) : Domitien suivi de Joseph à Dothan, 1959. 

À noter également : 

  • Les Elzevier ou Elzevir, grande famille de typographes et d’imprimeurs du XVIIe siècle qui imprime des ouvrages en français, entre autres : Maximes de La Rochefoucauld, Lettres Provinciales de Blaise Pascal Tartuffe de Molière ;
  • Jan Luyken (1649-1712), connu pour ses gravures du Miroir des martyrs (1685) et du Théâtre des martyrs depuis la mort de J. Christ jusqu’à présent (1700).

Œuvres cinématographiques et vidéographiques

  • John Crawley, The Goldfinch (Le Chardonneret), 2019, couleur, 149 minutes, États-Unis ;
  • Peter Greenaway (1942- ), Nightwatching (La Ronde de nuit), 2007, couleur, 134 minutes, Royaume-Uni, Pays-Bas, États-Unis, Pologne, Canada, France, Allemagne ;
  • Jannik Johansen, Rembrandt, 2003, couleur, 108 minutes, Danemark ;
  • Peter Webber (1968- ), Girl with a Pearl Earing (La Jeune fille à la perle), 2004, couleur, 100 minutes, Royaume-Uni, Pays-Bas, États-Unis.

Objets d’art et artisanat d’art

  • Anonyme, Tableau de faïence figurant un navire sur les eaux, portant pavillon de la Compagnie néerlandaise des Indes Orientales (VOC), chambre d’Amsterdam, 1625-1650, céramique, glaçure stannifère, 91 x 65,5 cm. Rijksmuseum, Amsterdam ;
  • Anonyme, Navire de guerre hollandais, 1648, bois, corde, plomb, textile et peinture, 117 x 113 x 52 cm. Rijksmuseum, Amsterdam ;
  • Anonyme, Kunstkast (Cabinet de curiosités miniature), vers 1675, 132 x 43 x 173 cm. Musée du Louvre, Paris ;
  • Joan Blaeu, Atlas Maior ou Theatrum Orbis Terrarum, 1662-1672, gravure sur cuivre colorié à la main, 55 x 35 cm. Bibliothèque nationale, La Haye ;
  • Christiaan Huygens (1629-1695), L’Horloge astronomique, 1665-1675, 120 x 29 x 24 x 13 cm. Rijksmuseum, Amsterdam ;
  • Christiaan Huygens (1629-1695), Lunette astronomique, 1683, diamètre 4 cm. Rijksmuseum, Amsterdam ;
  • Cornelis Van Bellekin, Nautile gravé : Diane au bain (profil droit), Bacchus (profil gauche), vers 1600-1680, coquille de nautile (nacre) gravée et noircie, bois tourné, bronze doré, 15 x 20 cm. Muse du Louvre, Paris ;
  • Johannes Van Ceulen (vers 1640-1703), Horloge de table, vers 1695, armoire en chêne plaquée d’ébène, padouk et bois fruitier, 42 x 28 x 14,5 cm ;
  • Antoni Van Leeuwenhoek (1632-1723), Microscope Leeuwenhoek, vers 1673, exemplaire présent au Musée universitaire d’Utrecht.

La liste proposée est indicative et pourra être complétée par d’autres ressources pertinentes, notamment accessibles dans l’environnement proche des élèves.