Les Bobines

De spectateurs à créateurs : l’incroyable aventure du Jury Jeunes de Gérardmer

Le 31 janvier, dernier jour du Festival de Gérardmer pour moi et les autres membres du Jury Jeunes, marquait déjà la fin d’une semaine qui restera sûrement comme l’une des plus belles de notre vie. Nous allions devoir redescendre de notre petit nuage… mais le destin en avait décidé autrement.

Lors de notre dernier repas avec notre parrain, Gaspard Meier, une proposition inattendue est venue bouleverser cette soirée au goût doux-amer. Sans détour, il nous a lancé : « Venez, on fait un film ? »

Un véritable court-métrage professionnel, avec une équipe complète et du matériel de cinéma… difficile de rêver mieux. Une seule condition : être motivés. Évidemment, aucun d’entre nous n’a hésité une seconde. Nous avons tous accepté, et aujourd’hui encore, j’ai du mal à réaliser que j’ai eu la chance de tourner un film à Gérardmer.

Le projet désormais lancé, il fallait naturellement que Capucine Valmary, notre « marraine », rejoigne l’aventure. Notre première décision collective fut donc de lui proposer le rôle principal du court-métrage. Elle a accepté immédiatement.

Dès le lendemain, chacun est rentré chez soi, mais notre motivation, elle, n’avait jamais été aussi forte. Très vite, nous avons décidé que notre film serait un film fantastique, tourné dans les forêts de Gérardmer. Ce choix avait du sens : c’est au Festival du Film Fantastique de Gérardmer que nous nous sommes rencontrés, que le projet est né, et nous ne pouvions imaginer le réaliser ailleurs.

Nous avons également choisi que chaque membre du Jury Jeunes occuperait le poste correspondant au métier auquel il aspire plus tard, afin de vivre une véritable expérience professionnelle. Martin, Ndeye, Lois et Hilke seraient donc acteurs et actrices ; Emeline deviendrait monteuse ; et Lao ainsi que moi assurerions la réalisation.

S’en sont suivis trois à quatre mois de travail intense : des appels presque chaque semaine pour écrire le scénario, la constitution d’une véritable équipe technique composée d’un ingénieur du son, d’une assistante caméra, d’un chef opérateur, d’une scripte et de plusieurs autres comédiens, la recherche d’un producteur puis d’une société de production prête à nous accompagner. Nous avons même fait appel à Cyril Casces, zoomorphe, afin de former nos acteurs. Enfin, nous avons obtenu une aide régionale de 2000 €, un soutien essentiel pour concrétiser le projet.

Le 30 avril, nous nous sommes finalement retrouvés à Gérardmer, plus enthousiastes et motivés que jamais. Les deux premiers jours furent consacrés à la formation de zoomorphie, à la finalisation du scénario et au repérage des lieux de tournage. Ce fut également l’occasion de mieux connaître toute l’équipe, composée de personnes aussi talentueuses qu’humaines.

Retrouver tout le monde a été un immense bonheur. Même si nous étions là pour travailler, je n’ai jamais eu l’impression de faire autre chose que vivre un rêve.

Le tournage a débuté le samedi 2 mai pour s’achever le lendemain. Deux journées particulièrement intenses, mais inoubliables. Le samedi, nous avons tourné de 8 heures du matin à 2 h 30 dans la nuit ; le dimanche, de 9 heures à 17 h 30. Un rythme éprouvant, mais incroyablement enrichissant.

J’ai pu découvrir et apprendre énormément de choses sur un tournage. Par exemple, saviez-vous que le ou la scripte est une figure très importante sur un plateau ? Cette personne note chaque plan tourné, précise s’il est exploitable au montage, surveille les faux raccords et accompagne les réalisateurs tout au long du tournage. Un métier discret, souvent méconnu, mais absolument indispensable. Et ce n’est qu’un exemple parmi toutes les choses que j’ai apprises durant cette aventure.

Aujourd’hui, le tournage est terminé et le projet entre désormais en postproduction. Nous allons prochainement rejoindre notre compositeur à Strasbourg afin de travailler sur la musique du film, puis nous irons à Paris, au début de la prochaine année scolaire, pour finaliser le montage avec Lao et Gaspard. L’aventure est donc loin d’être terminée.

J’espère d’ailleurs vous retrouver l’année prochaine au Festival du Film Fantastique de Gérardmer pour découvrir notre court-métrage : Féral.

Je ressors de cette expérience avec des étoiles plein les yeux, des souvenirs inoubliables et surtout la sensation d’avoir touché du doigt mon rêve.

Je tiens également à remercier sincèrement Mme Formery et Mme Reichert. Sans elles, rien de tout cela n’aurait été possible. Merci infiniment pour votre confiance, votre soutien et votre passion. Vous êtes des professeures exceptionnelles, et l’option cinéma n’aurait jamais eu la même valeur sans vous.

À tous ceux qui liront cet article : croyez en vous, croyez en vos projets et osez vous lancer. Et surtout, foncez rejoindre l’option cinéma ! Vous y trouverez bien plus que des cours : une véritable aventure humaine et artistique.

Ces trois années d’option cinéma s’achèvent aujourd’hui pour moi, mais elles resteront à jamais gravées dans ma mémoire. Et qui sait… peut-être nous retrouverons-nous un jour sur les marches de Cannes.

Adrien LAGRANGE
Ancien élève de l’option cinéma
qui, grâce à cela, a pu faire un film pour le Festival de Gérardmer.

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